Neuvaine pour les fidèles de Chine, 16 au 24 Mai 2008

L’article suivant est extrait du numéro de mai 2008 de l’”Infoblatt”, bulletin de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre pour les territoires germanophones.

Chers Amis de la Fraternité Saint-Pierre,

L’une des grandes grâces de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre est le caractère international et universel qui l’a distingue depuis sa fondation même. Dès les toutes premières années, elle compta des prêtres et séminaristes d’Allemagne, d’Autriche, de France, de Suisse, d’Espagne, du Canada et des Etats-Unis. Moins de dix ans après sa fondation, elle disposait de deux séminaires internationaux : la Maison Mère de Wigratzbad et le Séminaire Notre Dame de Guadalupe en Amérique du Nord. Aujourd’hui, la Fraternité comporte des membres originaires des Amériques, d’Europe, d’Afrique et d’Australie.

Ce caractère international doit nous aider tous en tant que prêtres à toujours garder à l’esprit l’Eglise universelle, à ne jamais oublier que les œuvres et les besoins de l’Eglise dépassent le lieu de notre ministère particulier et s’étendent en fait au monde entier. Dans le Corps Mystique du Christ ici-bas en effet, il se trouve des endroits où « la récolte est abondante », tandis que d’autres sont cruellement éprouvés.

Depuis plusieurs années, la Fraternité Saint-Pierre entretient des liens particuliers avec la communauté catholique traditionnelle de Hong Kong. Comme Supérieur Général j’ai eu la joie d’être invité par cette communauté et par le Cardinal Zen Ze-kiun, Evêque de Hong Kong, pour donner une conférence sur la forme extraordinaire du rit romain et pour Son Eminence lors de la messe pontificale en l’octave de Pâques. Ce séjour fut une occasion de parler avec le Cardinal ainsi qu’avec le Délégué Apostolique du Saint-Siège à Hong Kong et avec l’Evêque de Macau. Ces deux villes ont toujours servi aux missionnaires européens de passerelles vers la Chine continentale. Elles continuent de jouer ce rôle, grâce au statut de liberté spéciale que leur concède le gouvernement chinois.

Le Cardinal Zen et l'abbé John Berg
pendant la Messe Pontificale le 29 III 2008

Durant ces entretiens, j’ai été ému d’entendre les efforts accomplis par les évêques et les prêtres en communion avec le Saint-Siège pour évangéliser la Chine continentale. Les souffrances de l’Eglise en Chine doivent nous rappeler combien précieuse est notre foi. L’Eglise et ses témoins sont certainement persécutés de manières variables dans différentes parties du monde. En Occident, de nos jours, les lois promeuvent des idées et des usages de plus en plus contraires à la vérité de l’Evangile et à la morale catholique. Mais cela demeure peu de choses à côté des souffrances endurées pour la foi par tant de prêtres et d’évêques  en Chine. A l’heure actuelle, des évêques se trouvent incarcérés depuis plus de douze ans pour le motif de leur fidélité à la foi catholique et en particulier au Saint-Père.

Les articles du Credo que nous chantons allègrement, parfois comme allant de soi, sont payés d’un lourd prix en Chine. Cela doit nous rappeler que les martyrs de la foi n’appartiennent pas seulement au passé et, peut-être de façon plus importante encore, que souvent il faut que ces choses nous soient interdites pour que nous commencions d’en apprécier la valeur. Beaucoup d’entre nous sont insuffisamment conscients de la grâce que sont l’accès à l’enseignement de l’Eglise, au culte public et en particulier aux sacrements. Le fait même que ces choses nous sont si aisément accessibles semble nous les faire sous-estimer. Une citation de St Jean Bosco, affichée dans de nombreuses sacristies, donne cet avertissement : « Saint prêtre de Dieu, veille à offrir cette Messe comme si elle était ta première Messe, ta dernière Messe, ton unique Messe ». Contempler les souffrances de l’Eglise en Chine devrait nous faire réaliser combien précieuse est notre Sainte Communion dominicale, et devrait même encourager une plus large assistance à la Messe en semaine. Ce rappel résonne à nos oreilles un peu comme la douce monition du Seigneur à la Samaritaine au puits de Jacob (Jn 4) : « Si tu savais le don de Dieu ».

En même temps que le récit des grandes tribulations des évêques, prêtres et fidèles, des motifs d’espérance m’ont été confiés. Le Cardinal Zen a été un défenseur intrépide et éloquent des droits de l’Eglise en Chine. C’est lui qu’a choisi le Saint-Père pour rédiger les méditations du Chemin de Croix ce Vendredi Saint : ainsi les souffrances et les injustices subies par l’Eglise ont-elles été manifestées à l’attention du monde. Il se trouve aussi des instituts comme l’Institut du Saint-Esprit à Hong Kong, constamment occupés à trouver les moyens de publier des textes et d’envoyer des missionnaires en Chine continentale pour y prêcher la doctrine de l’Eglise à ceux qui en sont tellement assoiffés.

L'abbé John Berg avec le Cardinal Zen

Tout ceci fut un rappel vibrant du fait que l’Eglise en Chine doit occuper une place centrale parmi nos intentions de prière. Par rapport à la population mondiale, combien incroyablement élevé est le pourcentage de ces âmes qui en Chine attendent la vérité de l’Evangile et l’enseignement de l’Eglise ! Ce devoir d’assistance spirituelle est d’autant plus grand cette année, où notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a demandé à tous les catholiques d’unir leurs prières pour l’Eglise en Chine. Dans sa Lettre au Peuple de la République de Chine le 27 mai 2007, il a demandé de prier en particulier pour l’intercession de Notre Dame pendant le mois de mai 2008, et spécialement selon son titre de Secours des Chrétiens, sous lequel elle est vénérée avec une dévotion remarquable au sanctuaire marial de Sheshan à Shangaï, et dont la fête est célébrée le 24 mai.

Lorsque je promis au Cardinal Zen le soutien de la Fraternité Saint Pierre, de ses prêtres, séminaristes et fidèles dans nos apostolats, aux prières demandées par le Saint Père, il suggéra que nous offrions à Notre Dame Secours des Chrétiens une neuvaine débutant le 16 mai, avec l’hymne et la prière composées pour cette fête. Expliquant que cette hymne était souvent chantée pendant son noviciat salésien, le Cardinal la chanta sur le champ dans sa mélodie grégorienne dont il avait bien gardé la mémoire.  

Les intentions pour la neuvaine sont bien sûr celles qu’indique le Saint-Père à la fin de sa Lettre : « Au cours de la même journée, les catholiques du monde entier […] feront preuve de leur fraternelle solidarité et de leur sollicitude pour vous, demandant au Seigneur de l'histoire le don de la persévérance dans le témoignage, sûrs que vos souffrances passées et présentes pour le saint Nom de Jésus, et votre intrépide loyauté à son Vicaire sur la terre seront récompensées, même si parfois tout peut sembler être un triste échec ».

Ce mois de mai est naturellement consacré à Marie, Mère de Dieu. Dans notre séminaire de Wigratzbad nous récitons les prières et les hymnes traditionnels ainsi que les sermons en l’honneur de la Sainte Vierge, qui constituent ce qui est appelé « Maiandacht » ou « Dévotions de mai ». Cette année j’aimerais vous convier à unir votre prière aux nôtres en intercession auprès de Notre Dame Secours des Chrétiens, en récitant aux intentions de l’Eglise en Chine  l’hymne et l’oraison données pour chaque jour de la neuvaine. Quoique de par le monde il y ait sans aucun doute de nombreuses intentions pour lesquelles implorer l’intercession de Notre Dame, n’oublions pas ces membres du Corps Mystique persécuté en Chine, dont les souffrances excèdent bien souvent les nôtres.

Abbé John Berg
Supérieur Général FSSP

Hymne et oraison de la fête de Notre-Dame, Secours des Chrétiens

Souvent, quand le peuple chrétien se trouvait sous la menace d’un ennemi féroce aux armes tâchées de sang, lui vint en aide la Vierge Sainte, descendue du Ciel de paix.

Ainsi le racontent les antiques témoignages de nos pères ; ainsi l’attestent les temples illustres, parés des dépouilles du vaincu, et les fêtes célébrées chaque année, en mémoire du vœu prononcé.

Mais, qu’il soit permis à la Ville et au monde entier de marquer leur reconnaissance à la Vierge Marie, en faisant retentir les joyeuses mélodies d’un nouveau cantique pour les nouveaux bienfaits dont elle les a comblés.

O jour bienheureux et combien glorieux où le Siège de Pierre vit revenir à lui, après cinq ans de tristesse, le maître de la Foi.

Les vierges chastes et les enfants au cœur pur, le clergé dans la joie et le peuple cher au Cœur de la Reine rivaliseront pour chanter les dons envoyés par le Ciel.

Vierge des vierges, Mère bénie de Jésus, augmentez encore ces bienfaits et faites, nous vous en prions, que le Pasteur Pie VII conduise son troupeau jusqu’aux pâturages du Salut.

A vous notre hommage pour l’éternité, O Sainte Trinité, digne de la plus haute louange ; que nos cœurs vous louent par leur foi et nos bouches par l’éclat retentissant de leur chant. Ainsi soit-il.

R. Daignez, Vierge sainte, agréer ma louange.
V. Donnez-moi, force et courage contre vos ennemis.

Prions :
Dieu Tout-Puissant et Eternel, vous avez établi de manière admirable la Très Sainte Vierge Marie comme le perpétuel secours du peuple chrétien. Nous vous en prions, dans Votre bonté : faites que nous qui combattons en cette vie à l’abri d’une telle protection, nous méritions d’obtenir à l’heure de notre mort la victoire sur l’ennemi mauvais. Par Notre Seigneur…