Spiritualité Année Sacerdotale

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1er décembre 2009 : La fonction de gouvernement

Saint Jean-Marie Vianney, le pasteur d’Ars

Les saints canonisés sont presque toujours connus simplement par leurs prénoms : saint Timothée, saint Matthieu et sainte Agnès. Pour certains, on ajoute un titre pour les distinguer d’autres saints portant le même nom : saint Jean l’Evangéliste, saint Etienne protomartyr. Il est intéressant de noter que saint Jean-Marie Vianney est plus communément connu sous son titre que sous son nom : le Curé d’Ars. Un peu comme son saint patron, saint Jean-Baptiste, il tient son nom de son rôle comme si celui-ci suffisait à le définir. Il est le curé, le pasteur des fidèles d’Ars, le berger de son troupeau.
Toutefois, lorsque l’on songe au Curé d’Ars, c’est davantage au prêcheur et au confesseur que l’on pense plutôt qu’à son rôle de pasteur, à ses autres activités pastorales et à la direction de sa paroisse. Chaque prêtre comme alter Christus participe aux fonctions du Christ en tant que prêtre, prophète et roi.Ces trois fonctions sont nécessaires au prêtre comme instrument du Christ pour conduire au ciel les fidèles qui lui sont confiés.
On donne plusieurs noms à la dernière des trois fonctions. On y fait référence comme le munus regendi ou fonction de gouvernance qui, du fait du sacrement de l’ordre, fixe la hiérarchie et la gouvernance de l’Eglise, le Pape à sa tête, les évêques et les prêtres en union avec lui. Dans les documents les plus récents de l’Eglise, ce rôle du prêtre est « la conduite du troupeau » ou se définit dans la « relation fondamentale du prêtre à Jésus-Christ, tête et pasteur »[1]. Dans la mesure où le prêtre partage la mission du Christ, il partage aussi nécessairement Son pouvoir : « tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, et en leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous pour toujours et jusqu’à la fin du monde »[2].
De nos jours, l’idée même de pouvoir n’est pas facile à accepter et à exercer. Cela est vrai pour la société dans son ensemble, à l’intérieur de la famille et même au sein de l’Eglise. Dans la vie du Curé d’Ars, nous voyons combien cet aspect du sacerdoce lui a créé de difficultés. Plus d’une fois il a hésité à l’idée des tâches qui lui incombaient pour diriger le troupeau et assumer la responsabilité des âmes à lui confiées.
Le fait que plus d’une fois aussi, saint Jean-Marie Vianney a tenté de fuir sa paroisse d’Ars pour mener une vie contemplative, est sans doute un des aspects les plus surprenants de sa vie. Cela montre bien l’importance de la gouvernance que l’on a tendance à traiter à la légère et à sous-estimer. Après tout c’est la réaction de saint Pierre dans le quo vadis et celle des larmes de saint Pie X lors de l’acceptation de son élection à la papauté. Le Curé d’Ars aimait sa tâche de prêtre mais reconnaissait avec franchise que ses fonctions sacerdotales étaient une croix à porter : « Je ne suis pas fâché d’être prêtre pour dire la Sainte Messe, mais je ne voudrais pas être curé »[3].
A l’occasion du 100ème anniversaire de la mort du saint, Mgr. Ancel, évêque auxiliaire de Lyon, expliquait que l’inquiétude du Curé face à ses fonctions de pasteur était un mystère de sa vie :
« Si nous regardons la spiritualité pastorale du Curé d’Ars, nous sommes confrontés à un point particulièrement délicat. Impossible de le comprendre totalement ; nous pouvons seulement dire que la crainte qui emplissait son âme lorsqu’il pensait à ses responsabilités pastorales était, pour lui, une occasion de purification spirituelle extrêmement profonde et cela devrait être aussi pour nous (en tant que prêtres) une occasion de réflexion spirituelle »[4].

Une parfaite conception de ses devoirs pastoraux

La conception qu’avait saint Jean-Marie Vianney de ses devoirs pastoraux ne résultait pas seulement des livres qu’il avait lus et qui traitaient de théologie morale et du sacerdoce. Il ne fait aucun doute qu’à son époque, il avait reçu une solide formation doctrinale concernant les devoirs du prêtre envers son troupeau. Il avait compris que ses devoirs de prêtre ne se limitaient pas à la sanctification par les sacrements ou à l’enseignement depuis la chaire au profit de l’ensemble de l’assemblée. Il fallait aussi diriger les âmes individuellement et parfois énoncer des principes susceptibles de provoquer en elles des réponses semblables à celles que Notre-Seigneur entendit parfois : « Ce langage-là est trop fort, qui peut l’écouter ? »[5]. Certes ses deux premiers devoirs étaient pour lui source de joie, tandis que le troisième serait toujours une croix à porter. Le saint disait : « Je ne me repose que deux fois par jour : à l’autel et en chaire »[6].
Ce sont ses prières et sa méditation qui lui donnaient cette parfaite compréhension de ses devoirs pastoraux. Certaines expressions relatives au sacerdoce sont très caractéristiques de saint Jean-Marie Vianney et montrent sa vision du sacerdoce sacré. « Si le prêtre réalisait pleinement la grandeur de sa vocation, il en mourrait presque »[7]. « Il tient la place de Dieu, il est revêtu de tous les pouvoirs de Dieu »[8].
En considérant son sacerdoce comme la transmission des actes sacramentels du Christ et comme le devoir de faire connaître les enseignements du Christ, il réalisait que son pouvoir était celui du Christ et non le sien. Cette parfaite compréhension de la dignité du prêtre n’incitait pas le Curé d’Ars à s’attendre à ce que cette dignité s’exprime au moyen de titres, de vêtements ou de marques de respect à son endroit. Il n’était nullement tenté de se voir octroyé un pouvoir en vue de dominer les autres. S’agissant du pouvoir du Christ, c’était bien le pouvoir de celui qui était venu « non pas pour être servi mais pour servir »[9].
Mais puisqu’il s’agissait du pouvoir du Christ, cela impliquait la lourde responsabilité de corriger les âmes lorsque nécessaire et « d’insister à temps et à contretemps, réfuter, menacer, exhorter avec une patience inlassable et le souci d’instruire »[10]. De nos jours, certains principes du Curé d’Ars concernant la danse et autres activités similaires qu’il considérait comme des occasions de péchés peuvent nous sembler bien sévères. Son insistance montre clairement à quel point il prenait au sérieux sa responsabilité envers chaque âme ; la gravité de son rôle faisait qu’il n’y avait aucune place pour le respect humain. Quand il arriva à Ars, aucune âme n’était capable d’entendre son enseignement, c’est alors que le saint réalisa que d’être considéré comme un fou lui donnait la chance d’imiter son Seigneur et Maître.
Il voyait toutes choses en faisant référence à Dieu, cela lui permettait de réaliser quel était son devoir de pasteur. Le péché était d’abord et surtout une offense à Dieu et donc le pire des maux. Chaque âme ayant été créée pour être avec Dieu, seule Sa grâce permettait de surmonter les obstacles du démon chez les âmes qui lui étaient confiées avec l’objectif d’atteindre la vie éternelle avec Dieu. Dieu l’avait choisi en tant que prêtre pour être un instrument, pour être le berger qu’il s’était choisi pour diriger chacune des âmes dans sa paroisse. Vu simplement sous cet angle, il n’était pas question de tenir compte de l’opinion des autres et du bien-être matériel. Il n’y avait aucune place pour le respect humain[11]. Le pouvoir qu’il exerçait n’était pas le sien, il l’exerçait en tant qu’instrument du Christ au sacerdoce duquel il participait.

Immolation de son être

Pour le Curé d’Ars, la première conséquence de sa parfaite conception de sa tâche pastorale était de s’offrir lui-même, comme le Christ, à ses paroissiens. Il réalisa dès le début que ses capacités naturelles n’étaient pas suffisantes pour conduire le troupeau. Il se sentait lui-même « incapable à cause de son ignorance et de son peu de vertu de remplir les fonctions de curé »[12]. Puisqu’il fallait suivre cette direction, il savait que sa force ne viendrait pas de son éloquence mais bien plutôt de la grâce de Dieu qu’il implorait au moyen des œuvres de pénitence auxquelles il se livrait. Cela apparaît dans les mots qu’il disait à un confrère prêtre : « vous avez prié, vous avez gémi, vous avez pleuré ; mais avez-vous jeûné, avez-vous veillé, avez-vous couché sur la dure, vous êtes-vous donné la discipline ? Tant que vous n’en serez pas venu là, ne croyez pas avoir tout fait »[13].
Il est sûr que  c’est par inspiration divine que Saint Jean-Marie Vianney s’est livré à une vie de mortification dépassant largement les bornes de la prudence humaine. Nous voyons qu’à travers les tourments du démon, Dieu permettait à son serviteur de suivre des sentiers que la plupart des prêtres sont incapables d’emprunter pour lui rester fidèles. Le niveau de ces mortifications ne saurait remettre en question le pouvoir d’imitation du Christ par le sacrifice pour le bien des âmes confiées à chaque prêtre. Avec chaque prière et chaque immolation qui sont le fondement de ses devoirs pastoraux, le prêtre évitera de considérer les fruits de son sacerdoce comme étant les siens propres, mais il restera intimement persuadé que son pouvoir est un pouvoir de serviteur et non pas un pouvoir personnel.

Un exemple vivant

Ces actes de prière et de mortification, dont les fidèles n’avaient pas toujours conscience, avaient évidemment leur influence sur la vie quotidienne de saint Jean-Marie Vianney. Ses fidèles suivaient en premier lieu son exemple. Au vu des heures qu’il passait en prières, les fidèles pensaient que leur pasteur habitait à l’église bien plus qu’au presbytère. Ils voyaient les heures qu’il passait au confessionnal et n’imaginaient pas à quel point, pour lui, le plus important était le retour vers Dieu des âmes qui étaient en face de lui. En fin de compte, ils voyaient que chaque âme comptait pour lui. Il ne recherchait pas tel ou tel type de fidèle mais tout simplement ceux que Dieu lui avait donnés dans sa paroisse. Il n’avait aucune préférence mais, comme le Bon Pasteur, il recherchait toujours ceux qui étaient perdus.
Alors qu’il était encore vicaire de la paroisse d’Ecully, un témoignage relatif à ses homélies nous est parvenu : « A cette époque, à mon avis, il ne prêchait pas encore bien. Cependant quand c’était son tour, on courait à l’église »[14]. Sa présence elle-même et le son de sa voix étaient tels que l’exemple de l’homme qui parlait était bien plus convaincant que le contenu de son homélie.
Les âmes ont tiré grandement profit des exemples vécus. Les instructions du prêtre peuvent apparaître vides si elles ne sont accompagnées d’une vie sachant convaincre. Dans sa lettre inaugurant l’année du prêtre, le Saint Père nous rappelle le besoin de conversion intérieure des prêtres et la nécessité que leur vie soit un exemple de sainteté. Les scandales concernant les prêtres ont causé beaucoup de dommages mais en revanche il nous rappelle tout le bien que peuvent apporter les pasteurs de l’Eglise par leur exemple :  « Dans le monde d'aujourd'hui, comme dans les temps difficiles du Curé d'Ars, il faut que les prêtres, dans leur vie et leur action, se distinguent par la force de leur témoignage évangélique. Paul VI faisait remarquer avec justesse que l'homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou, s'il écoute les maîtres, c'est parce qu'ils sont des témoins »[15].

Le souci de ses paroissiens

Lorsque nous considérons le soin pastoral du Curé d’Ars, nous pensons en particulier à ses prédications en chaire. De cette chaire, il n’hésitait jamais à dire toute la vérité et à pourchasser les erreurs même si, en agissant ainsi, il indisposait ses auditeurs. Il considérait cela tout naturellement comme le droit des fidèles à disposer d’une prédication empreinte de vérité : « Il faut combattre l’erreur, même chez les chrétiens car ils en ont moins le droit que les autres »[16]. Il usait de la comparaison suivante : « Le soleil ne se cache pas de peur d’incommoder les oiseaux de nuit »[17].
Il se servait même de l’église comme lieu de formation. Dans la chapelle latérale de l’église dédiée à son saint patron, Jean le Baptiste, il avait inscrit une phrase afin de rappeler à tous les visiteurs les dangers de la danse et du respect humain : « Sa tête fut le prix d’une danse ».
C’est au confessionnal qu’il passait le plus de temps. Pour le Curé d’Ars, ce n’était pas seulement le lieu où l’on dispense la grâce et où l’on absout les péchés mais bien plutôt le lieu où l’on dirige les âmes. C’est là qu’il instruisait, encourageait et, lorsque nécessaire, blâmait comme un vrai pasteur. Ici, on constate un mélange de sévérité et de bonté selon ce qu’il jugeait utile pour chaque âme. La véritable marque du saint était de ne jamais faire une remarque par lassitude ou de se justifier en aucune manière. Tout était dit avec comme objectif de rapprocher les âmes de Dieu. Il avait la réputation d’être exigeant mais jamais méchant envers ses paroissiens :  « je ne me suis jamais fâché contre un de mes paroissiens ; je pense même ne leur avoir jamais adressé un reproche »[18]. Et les paroissiens faisant écho à ce témoignage de déclarer : « Il lui arriva plus d’une fois de parler d’une manière forte et je pourrais dire presque sévère. Mais il évitait avec soin tout ce qui pouvait blesser ou indisposer ses paroissiens. Il n’y avait jamais aucune personnalité dans ses instructions »[19].
Dans sa lettre d’ouverture de l’année sacerdotale, le Pape Benoît XVI a aussi insisté sur le sacrement de la confession qui doit être, pour chaque prêtre une occasion particulière de porter un jugement sur son travail. Il exhorte les prêtres à ne jamais se résigner à voir les confessionnaux vides. Il les encourage à considérer le confessionnal comme un lieu privilégié pour la direction des âmes.
Enfin, bien que ces aspects de prêche et de confession soient les plus souvent cités dans la vie du Curé d’Ars, son travail pastoral dans la paroisse dépasse largement ces deux fonctions. Il a fondé une école de filles, il a construit une école de garçons et créé la Providence. Il a passé beaucoup de temps à visiter ses paroissiens et en particulier les malades : « Les premiers temps qu’il était à Ars il visitait assez souvent ses paroissiens. Il leur parlait de leurs affaires de culture. Ces braves gens étaient contents de voir que leur Curé prenait part à leurs travaux et à tout ce qui les intéressait . Quant aux malades, il leur donnait des conseils vraiment minutieux, leur faisait porter des remèdes »[20].
Il est facile de se faire une idée fausse de saint Jean-Marie Vianney, pensant qu’il ne s’intéressait qu’aux questions surnaturelles et qu’il manquait de contact humain. Des anecdotes moins connues montrent pourtant qu’il usait de ses dons naturels et surnaturels pour attirer les âmes vers le Christ. Il s’intéressait aux âmes dans tous les domaines. Il ne les approchait pas en vue seulement d’un « projet de sanctification », et comme s’il ne s’agissait que d’une sorte de recette. Comme le Christ, il les aimait et s’intéressait à tous les aspects de leurs vies.

Prière pour les prêtres

La vie de saint Jean-Marie Vianney nous montre la nécessité d’une parfaite conception de la responsabilité du prêtre dans la garde de son troupeau. Le sérieux avec lequel le Curé assumait ses responsabilités pourrait nous faire croire qu’il agissait par crainte ; rappelons-nous plutôt ses mots relatifs au sacerdoce : « si l’on comprenait bien le prêtre sur la terre, on mourrait non de frayeur mais d’amour »[21].
La difficulté du travail pastoral, comme ce fut le cas même pour le Curé d’Ars, devrait nous inciter à prier pour nos pasteurs, le Saint Père tout d’abord, les évêques et tous les prêtres. A notre époque où de fausses notions de liberté ont rendu l’autorité si mal comprise et tellement remise en question, de telles prières n’en sont que plus nécessaires. En septembre dernier au cours de son homélie lors de l’ordination des évêques, le Pape Benoît XVI a demandé aux évêques et aux prêtres trois vertus : la bonté, la prudence et la fidélité[22]. La bonté et la prudence avec lesquelles saint Jean-Marie Vianney dirigeait les âmes apparaissent clairement en rappelant les nombreuses scènes de sa vie. Mais la plus frappante est peut-être sa fidélité. Pendant toutes ces années où il fut pasteur, il a, avec constance, veillé inlassablement sur son troupeau.
Les mots utilisés par les membres de la Confraternité Saint-Pierre dans leur prière quotidienne résument bien ce besoin de fidélité pour tous les prêtres, fidélité présente chez le Curé d’Ars. Puisse cela nous rappeler la source véritable de cette fidélité.

Seigneur Jésus, vous qui êtes né pour rendre témoignage à la vérité et qui aimez jusqu’au bout ceux que vous appelez : daignez exaucer nos prières pour nos pasteurs. Vous qui savez tout, vous savez qu’ils vous aiment et qu’ils peuvent tout en vous qui les fortifiez. Sanctifiez-les dans la vérité, leur infusant selon notre demande l’Esprit que vous avez donné à vos Apôtres, afin qu’il les rende semblables à vous en toutes choses.

Abbé John Berg, FSSP
Supérieur Général

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[1] Pastores dabo vobis nn.15 et 16

[2] Mt. 28,18-20

[3] Nodet, Bernard. Le sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus (in Le curé d’Ars. Sa pensée-Son cœur. 1966. p. 105

[4] Mgr. Ancel, Conférence pour le 100ème anniversaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney. 24 septembre 1959.

[5] Jn. 6,61

[6] Nodet p.109

[7] Nodet p.100

[8] Nodet p.100

[9] Mt. 20,28

[10] 2 Tim. 4,2

[11] Cf. Trochu, Francis. L’Ame du Curé d’Ars, Sévérité et Bonté, pp.61-79

[12] Nodet p.105

[13] Mgr. Ancel

[14] Nodet p. 130

[15] Benoît XVI Lettre proclamant une année sacerdotale le jour du 150ème anniversaire du Dies natalis du Curé d’Ars le 16 juin 2009

[16] Nodet p. 127

[17] Nodet p. 128

[18] Nodet p. 213

[19] Nodet p. 133

[20] Mgr. Ancel

[21] Nodet p. 100

[22] Benoît XVI L’Eglise n’est pas notre Eglise mais l’Eglise de Dieu Homélie des ordinations épiscopales. 12 septembre 2009.